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Noël à Marsillargues autrefois - En hommage à Maurice Geneste.

En hommage à Maurice Geneste, historien marsillarguois.



NOËLS D'ENFANCE.


Aujourd'hui c'est Noël et des souvenirs d'enfance reviennent à ma mémoire ; je revois mes Noëls d'enfant, époque où je croyais encore à ce vieux Père Noël qui apportait dans sa hotte des jouets et des bonbons aux enfants sages ; j'y ai cru longtemps, mais peut-être pas assez !


Le soir de cette nuit de Noël, vers 20hOO, avec ma mère nous allions voir les vitrines illuminées de bougies et de guirlandes de notre petit village.


Nous commencions par les Docks Méridionaux tenus par Monsieur et Madame Arnaud, puis nous allions voir la belle vitrine de la librairie Daumas-Ducros où se trouvaient une crèche, avec tous ses petits personnages, et un grand sapin - au milieu de jouets et de livres -garni de bougies, de boules, de fondants et de papillotes et au bout duquel brillait une étoile d'or. Je regardais tout cela avec mes yeux d'enfant émerveillé.


Après, nous allions voir les autres vitrines : les Economats, le Bon Lait, le Bureau de Tabac, l'Etoile du Midi, la pâtisserie Archer où se trouvaient des sabots en chocolat, des Pères Noël et des petits Jésus.


Même les plus petites épiceries avaient décoré leurs minuscules vitrines : Arnal, Ribaud, Facette et d'autres dont les noms m'échappent.


En cette nuit de Noël, au milieu de la musique des cloches qui sonnaient cette Sainte Nuit dans le village illuminé, les gens se promenaient avec leurs enfants en allant comme nous d'une vitrine à l'autre.


Puis, ayant fait le tour du village, nous rentrions à la maison, gelés mais contents et je racontais à mon père, mon grand-père et ma grand-mère tout ce que j'avais vu et ils m'écoutaient en souriant.


Ce soir là j'étais énervé ; je languissais d'aller me coucher et d'être au plus vite au lendemain pour voir ce que ce bon Père Noël m'avait apporté et je m'endormais heureux en rêvant à celui qui, cette, nuit allait passer sur mon toit.


  Dans ma maison, il y avait quatre cheminées : une dans la cuisine, une dans la salle à manger, une dans la chambre de mes grands-parents et une autre dans une chambre du second et chaque année pour Noël je trouvais quelques cadeaux dans chacune des quatre cheminées.


Une année, j'eus un cheval à bascule en carton pâte ; une autre fois, un établi de menuisier avec tous ses outils puis ce fut une auto à pédales, un tricycle, une ferme avec tous ses animaux domestiques, des soldats de plomb, une manade de taureaux, un tambour, des jeux, des livres, des alphabets, etc. que j'ai gardés longtemps.


Je peux dire que je fus un petit enfant gâté entre mes parents et mes grands-parents, jusqu'au jour où, ayant grandi, on m'apprit que le Père Noël n'existait pas et que tout cela n'était qu'un joli conte afin que les enfants soient sages.


Je pleurais et ne voulais pas croire que tout cela n'était pas vrai, mais avec le temps, j'admis que ce n'était qu'un joli rêve d'enfant.


Plus tard, lorsque je fus un petit « louveteau », j'allais à l'arbre de Noël du Temple que nous décorions avec notre Pasteur, Monsieur Richardot.


En cette nuit de Noël nous chantions des chants analogues à la Sainte Nuit des Catholiques ; nos parents étaient là ; puis on nous donnait un petit gâteau, une papillote et une mandarine.


Nous étions à l'après-guerre, en 1945. Un sapin tout illuminé trônait au milieu du Temple tandis que tous en choeur nous chantions : « mon beau sapin, Roi des forêts, que j'aime ta verdure », et dans le Temple illuminé par les bougies, nous étions accompagnés par Claire qui jouait de l'orgue et nos chants montaient sous les voûtes et sortaient par les fenêtres dans la nuit froide et étoilée.


Quelques années plus tard, entre les années 1950-1955, notre village eut pour Noël, une crèche vivante dirigée par l'Abbé Paul Bruniquel. Cette crèche, pleine de magnificence, attirait les gens des villages d'alentour. Après chants et prières, alors que les cloches sonnaient les douze coups de minuit, Monsieur André Bestiou, ténor Marsillarguois, chantait le « Minuit Chrétien, c'est l'heure solennelle où l'Homme-Dieu descendit jusqu'à nous ... ». Sa magnifique voix claire montait dans l'Eglise ; il était accompagné à l'orgue par Monsieur Henri Lautier, fervent catholique qui devait être bien « coté aux Cieux » puisque les gens du village l'avait surnommé « Cotecieu ».


Après le chant de « Minuit Chrétien », apparaissaient tous les petits personnages de la crèche : le berger, le rémouleur, le ravi, les Rois Mages et d'autres qui venaient présenter leurs voeux à l'Enfant Jésus qui venait de naître ; il était entre le bœuf et l'âne (en carton) et entouré de Marie et Joseph. C'était souvent le premier-né du village qui pleurait et criait, faisant sourire Monsieur le Curé, les parents et les paroissiens, tandis que tous les personnages costumés, la lanterne à la main, défilaient en chantant : « il est né le Divin Enfant ».



Au milieu des cierges et des bougies illuminant l'Eglise, le peuple, heureux, priait pour ce petit enfant qui venait de naître. Cette crèche vivante dura quelques années puis disparut en même temps que notre dynamique et jovial Curé, Paul Bruniquel, qui partit pour une autre paroisse.


Je le revis plus tard alors qu'il était à la retraite : il écrivait des livres et je lui en achetais plusieurs qu'il me dédicaça. Puis l'on n'entendit plus parler de lui. Peut-être est-il monté au ciel rejoindre le Bon Dieu ? Adieu l'Abbé.


MAURICE GENESTE

« Souvenirs d’enfance à Marsillargues »