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Mais qui a giflé le pape Boniface VIII de son gantelet de fer le 7 septembre 1303 ? 1er partie

Mais qui a giflé le pape Boniface VIII de son gantelet de fer le 7 septembre 1303 ?


Les historiens sont partagés, les uns prétendent que c’est Guillaume de Nogaret, illustre personnage de Marsillargues, d’autres affirment que c’est Scierra  Colonna, d’autres disent que cette scène n’a jamais eu lieu.

Que penser ?

Avant d’évoquer ce dramatique événement, et mettre en scène le légiste préféré de Philippe le Bel, seigneur de Marsillargues, il est opportun de situer le contexte historique de l’époque, c'est-à-dire les relations orageuses, conflictuelles entre le roi Philippe IV le Bel, ou le roi de fer  et  le pape Boniface VIII, deux ennemis intimes. Pour cela il faut remonter au nouveau testament et à Jésus, puis dans une deuxième partie, nous évoquerons la question du coupable qui a porté la main sur le pape.


La Théorie des deux glaives.


La Théorie des deux glaives  remonte au Moyen Age et perdure jusqu’aux temps modernes.

Les deux épées se trouvent dans le Nouveau Testament,  évangiles de  Matthieu et Luc.

 

Saint Luc 22-35, Jésus dit « que celui qui n a point d’épée vende son vêtement et achète une épée », les apôtres dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Jésus répondit : « cela suffit ».


Saint Mathieu 26-51 « un de ceux (les apôtres) qui étaient avec Jésus étendit la main, et tira son épée ; il frappa le serviteur du souverain sacrificateur et lui emporta l’oreille. Alors Jésus lui dit : Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. ».


Ces deux épées représentent les deux pouvoirs spirituel et temporel, ces deux épées d’origine divine  appartiennent à l’église. L’un est destiné à l’autorité ecclésiastique qui a puissance sur les âmes, l’autre à l’autorité politique et civile qui a puissance sur les sujets.


Le sens de « remets ton épée à sa place » serait le geste symbolique de remettre l’autre épée à l’empereur pour assurer le pouvoir temporel, étant entendu qu’il serait indigne pour l’église d’en user. Elle ne peut pas appliquer la peine, (sortir le glaive du fourreau),  mais peut la décider, voir les tortures physiques, les bûchers pendant l’inquisition qui étaient déferrés aux pouvoir civil.


Cette allégorie se rapproche de celle des deux lampes, le soleil et la lune.


GrégoireVII soutient «  Dieu a disposé deux luminaires, plus éminents que les autres, le soleil et la lune… de même il a pourvu à la direction du monde par l’autorité apostolique et l’autorité royale dont les devoirs sont divers. »


En  1073, il s'attaque à Philippe Ier, roi de France, pour simonie en le menaçant de l’épée de Dieu.  « Cet homme, qu'on doit appeler tyran et non roi, est la tête et la cause de tous les maux de la France. S'il ne veut pas s'amender, qu'il sache qu'il n'échappera pas au glaive de la vengeance apostolique. »


Ce sacerdotalisme médiéval distingue  le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, avec une supériorité de  la puissance spirituelle sur la  puissance temporelle, il sera combattu par l’affirmation du pouvoir civil et la montée de l’absolutisme.


Le mortel duel   entre Philippe le Bel et le pape Boniface VIII.


Affaires d’argent.


En principe le produit des décimes levé par le roi sur le clergé devait être employé pour financer les croisades, ce qui n’était pas toujours le cas.


A l’occasion de la guerre contre l’Angleterre, le roi Philippe le Bel décida d’augmenter les décimes par la perception d’un nouvel impôt.


Après accord d’une assemblée d’évêques et de barons, la perception d’un impôt général du cinquantième, supplémentaire à la décime,  fut admis.


Aussitôt, l’ensemble du clergé proteste et adresse une supplique au pape. Celui-ci conteste la décision dans sa décrétale «  Clericis laîcos » (24 février 1296) ou il rappelle que son consentement était nécessaire, déplore l’état d’asservissement qui menaçait l’église, et de conclure qu’il interdisait au clergé de payer toute contribution, sous peine d’excommunication.


L’affaire semblait en rester là, sauf que par un édit du 17 août 1296, Philippe le Bel, dans un mouvement de riposte, interdit toute exportation d’or, d’argent, de destriers, d’armes et d’équipements de guerre. Or Boniface VIII avait besoin de toutes ces livraisons.


A la Toussaint 1296, le roi reçoit la bulle Ineffabilis amor (Ineffable amour) , dans laquelle le pape prévient celui-ci qu’il ne devrait pas oublier qu’il suffirait à l’Eglise de lui retirer ses faveurs pour qu’il soit affaibli . Puis brandissant à nouveau le glaive : « Qui peut récuser le jugement et la décision du Saint-siège qui a autorité sur tous les chrétiens ? »

Après des échanges de lettres au ton apaisé, Philippe le Bel , décide de revenir  sur les interdictions d’exportations en direction de Rome.


Voici un extrait de la bulle Coram illo fatemur (28 février 1297) à l’attention de « la fille aînée de l’Eglise » : « mais l’illustre royaume de France et ses princes très chrétiens, ses églises, ses ecclésiastiques, ses habitants catholiques ont été pour nous, dès notre jeunesse, l’objet d’une affection spéciale, sincère et manifeste. »


1300, l’année du jubilé décidé par Boniface VIII.


« Pour redorer le blason de la papauté, il institua un grand  jubilé pour célébrer l’ouverture du quatorzième siècle. Le succès passa de loin les espérances et malheureusement égara le pape sur sa propre puissance. Il se crut tout de  bon le maître du monde, parce que deux mille pèlerins affluèrent à Rome et le contemplèrent dans sa gloire d’un jour. Les gibelins prétendirent qu’il osa paraître revêtu des insignes impériaux et s’écrier : « Je suis César ! » et qu’il faisait porter devant lui les deux glaives symboliques.


Il s’agissait bien entendu d’une légende.


Mais ce qui est certain, c’est que Boniface se laissa gagner par ses chimères de domination universelle, quand il vit cette foule immense prosternée devant lui. » (G. Bordonove – Philippe le Bel)


Le cardinal d’Acquasparta n’hésita pas à proclamer «  voici les deux glaives…par moi règnent les rois. » une espèce d’orgueil faisait dire au pape « Le pontife romain, vicaire du TOUT-PUISSANT, commande aux rois et aux royaumes, il exerce le principat sur tous les hommes. »


Comme on le voit le pape persiste dans ses folles prétentions de vouloir régenter toute la chrétienté tant sur le plan spirituel que temporel, mais Philippe le Bel n a pas dit son dernier mot.  


L’affaire Bernard de Saisset, évêque de Pamiers.


Après une enquête menée par deux « réformateurs » du Languedoc, en 1301 Bernard de Saisset, évêque de Pamiers est arrêté sur ordre du roi.


Il est soupçonné de fomenter un complot pour libérer la province du Languedoc  de la tutelle royale, avec l’aide du comte de Foix qui le dénonce.


Il est également poursuivi pour avoir calomnié et diffamé le roi en l’accusant d’être faux monnayeur, hérétique, traître, bâtard et autres choses, accusation diligentée par  Guillaume de Nogaret. De Paris il est transféré à Senlis et présenté le 24 octobre 1301 devant le conseil royal.


Le pape considère cette arrestation comme une provocation et une violation du droit canon et aussitôt réagit par une série de bulles, dans lesquelles, il place toujours l’autorité du pontife au dessus de celle du roi et condamne les conseillers du roi dont Guillaume de Nogaret comme des « faux prophètes.»


Il écrit : « que personne donc ne te persuade, fils très cher, que tu n’as pas de supérieur et que tu n’es pas soumis au chef suprême de la hiérarchie ecclésiastique.. »


Mais il va plus loin, et veut se mêler de réformer le royaume de France en péril par l’impéritie d’un roi conseillé par des incapables et des malfaisants diaboliques.


Ce faisant, le pape envisage un concile pour discuter de la réforme du royaume en invitant à Rome les prélats français et n’oublie pas d’ordonner la libération de l’évêque de Pamiers. Ce que fit le roi, il libéra Bernard de Saisset en le chassant hors de France.


Peu après,  le roi convoque une assemblée de nobles, d’évêques, abbés, prévôts et bourgeois.


Les trois ordres se réunissent le 10 avril 1302 à la cathédrale Notre-Dame de Paris. On a considéré cette réunion comme la première réunion des états généraux du royaume de France, convoqués par Philippe IV le Bel.

Les trois ordres (la noblesse, le clergé et les représentants des villes) approuvèrent le roi dans son rejet de l'autorité pontificale.


Philippe le Bel lassé de l’orgueil, de l’arrogance et des menaces du pape envisageait  maintenant la déposition pure et simple du souverain pontife, une chose inouïe.


Cette mission, il allait la confier à Guillaume de Nogaret.