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Mais qui a giflé le pape Boniface VIII de son gantelet de fer le 7 septembre 1303 ? 2ème partie

 

Mais qui a giflé le pape Boniface VIII de son gantelet de fer le 7 septembre 1303 ?

Deuxième partie.


Au cours de l’assemblée du 10 avril 1302 réunissant les trois ordres,  Pierre Flote, légiste préféré de Philippe le Bel, accuse le pape des pires infamies.


Il conclut « le roi de France n’a pas de supérieur au temporel ».


Suite à cette assemblée une représentation part pour Agnani où elle est reçue par Boniface en audience solennelle. Le pape dédouane Philippe le Bel et rejette toute la responsabilité de la rupture sur Pierre Flote, le perfide conseiller du roi.


Encore une fois le pape menace de déposer le roi et agite le spectre de l’excommunication.


Sur le conseil des évêques, il décide d’envoyer le cardinal Lemoine (et oui) afin de trouver un terrain d’entente en forme d’ultimatum.


Le Roi ne refuse rien, il temporise.


Pierre Flote mort, il charge Guillaume de Nogaret de rédiger un mémoire accusateur contre le pape. Ce mémoire est présenté par Nogaret au Louvre le 12 mars 1303 en présence du roi, de ses frères Charles de Valois et Louis d’Evreux, des évêques de Sens, de Meaux, de Nevers.


Nogaret accuse le pape de tous les maux, menteur, usurpateur, hérétique, simoniaque, criminel.


Le 13 juin toujours au Louvres, un deuxième acte d’accusation fut prononcé par Plaisians (ami de Nogaret) qui exhortait le roi à demander la convocation d’un concile pour juger le pape.


A cet effet, le roi convoque le prieur de Chezy, Jean de Paray, afin de courir vers l’Italie et déposer la requête d’un prochain concile auprès du pape.


Entre temps Boniface VIII apprend qu’il fait l’objet d’odieuses accusations de la part du roi de France.


Aussitôt il rédige la bulle « Super Patri Solio » fatale pour Philippe le Bel qui le condamne à l’excommunication.


Nogaret qui ne peut envisager une telle éventualité pour son roi, tente le tout pour le tout et imagine le coup de force, qu’on a appelé « l’attentat d’Agnani. »


Mais laissons la parole à M Paul Pastre qui va nous raconter l’évènement.


« Le 6 septembre 1303, ayant appris que la bulle d'interdit allait être affichée sur la porte de la Cathédrale d'Anagni, les conjurés décidèrent de passer à l'action. La troupe composée de 600 cavaliers et de 1000 fantassins arriva le sept au matin devant la forteresse d'Anagni et trouva, comme prévu, la porte ouverte. Elle pénétra dans la ville aux cris de « Vive le Roi de France et Colonna », « Mort au pape ».


Malgré la surprise, les Caétani parents du pape organisèrent la résistance, mais les habitants réveillés par le bruit ayant pris le parti des assaillants, ils durent capituler. Les neveux du pape furent faits prisonniers, seul le plus jeune François parvint à s'échapper.


Bientôt les conjurés sont devant la Cathédrale.


Boniface VIII seul dans ses appartements avec deux car¬dinaux comprend au bruit que le danger approche et retrouve en cette tragique circonstance toute la grandeur de sa mission sur terre.


Il revêt les magnifiques ornements pontificaux, met la tiare sur sa tête et s'assied sur le trône ayant en mains une croix et les clés de Saint-Pierre.


Les conjurés parviennent jusqu'aux appartements pontificaux mais devant la majesté et le calme de ce vieillard qui représente Christ sur la terre, ils marquent un moment de stupeur, vite réprimé, car ce sont des hommes d'armes endurcis par la lutte et les combats.


Colonna se reprend le premier et donne libre cours à son ressentiment.


Nogaret, lui, l'aborde avec respect et lui communique les décisions prises à son égard de le conduire à Lyon, où il sera traduit devant le concile.


Boniface VIII, traite avec mépris les décisions et ceux qui les lui apportent et refuse en disant : «Voilà ma tête, voilà mon cou, comme Jésus, s'il me faut mourir, au moins je mourrai pape ».


Sciarra, exaspéré par ce stoïcisme digne des premiers chrétiens et ne pouvant se contenir le frappe au visage avec son gantelet de fer et l'eût transpercé de son épée, si Nogaret réalisant les suites d'un tel acte ne l'eut arrêté.


Boniface VIII pâlit sous l'outrage, mais resta impassible et à Nogaret qui lui disait : « Toi chétif pape, confesse et regarde de Monseigneur le Roi de France la bonté qui tant loing est de toy son royaume, te garde par moi et te défend » il répliqua « Tu es de famille hérétique, c'est de toi que j'attends la mort pour la cause de l'Eglise ». Il garda ensuite le mutisme le plus complet et craignant d'être empoisonné, refusa toute nourriture.


Les habitants d'Anagni, regrettant leur attitude vis à vis du Saint-Père, dont la présence était pour eux un bienfait, prirent contact avec François Caétani qui du dehors préparait une con¬tre-attaque et le 10 se révoltèrent aux cris de « Mort aux étrangers ». Surpris et submergés, les conjurés durent céder la place après un combat au cours duquel Sciarra et Nogaret furent blessés.


Le Pontife qui depuis un moment entendait se rapprochant les cris de « Vive le Pape » , éclata en sanglots lor¬sque ses neveux le retrouvèrent.


En prévision d'un retour en force des conjurés, Boniface VIII décida de retourner à Rome, mais sa santé, minée par l'âge, la maladie et les privations ne put résister à tant d'émotions et un mois après, le 11 octobre 1303, il rendait le dernier soupir. Il avait quelques jours avant lancé une bulle d'excommunication contre le Roi, Philippe le Bel et Guillaume de Nogaret. »


M. Paul Pastre nous dit que c’est Sciarra Colonna qui a frappé le pape. Les Colonna était farouchement opposés à la famille Caétani, proche  du pape. Les deux frères  Colonna avaient dû fuir l’Italie et se réfugier en France.  Sciarra  ne pouvait laisser passer l’occasion que lui offrait Nogaret de renverser le pape Boniface VIII.


Dans leur « Histoire des idées politiques » Marcel Prélot et Georges Lescuyer affirment sans aucun doute que c’est Nogaret qui a frappé le pape Boniface VIII.


« Mais ce que le pape n'aperçoit guère, les survivances de l'augustinisme politique obscurcissant chez lui la notion de droit naturel de l'État, c'est la différence foncière séparant intellectuellement et pratiquement, le pouvoir royal de Philippe le Bel du pouvoir impérial.


Celui-ci, organe de la communauté chrétienne, est une institution semi-ecclésiastique; celui-là, réalise déjà le prototype d'une nouvelle conception de l'autorité politique : celle de l'État princier qui lui-même annonce, sur certains points, l'État national.


Le roi de France emploiera la manière forte pour convaincre le pape d'accepter ce nouvel état de choses; Guillaume de Nogaret se présentant en son nom à Anagni le 7 septembre 1303 ira jusqu'à souffleter Boniface VIII qui ne regagnera Rome que pour y mourir. »


Georges Bordonove dans son ouvrage sur Philippe le Bel, affirme :

« Est-il vrai, comme on l’a dit tant de fois, que Sciarra  Colonna souffleta le vieillard de son gantelet de fer ? Certainement pas : ce n’est là qu’une image à la Gustave Doré. Par contre, il est certain que Sciarra voulut égorger Boniface et qu’il fallut le retenir de commettre ce crime. Nogaret venait d’accourir. Il n’avait point participé au forcement du palais pontifical. »

 

Maurice Druon décrit la scène dans Les Rois maudits : « (...) Là, le vieux pape de 98 ans, tiare en tête, croix en main, seul dans une immense salle désertée, voyait entrer cette horde en armures. Sommé d'abdiquer, il répondait : « Voilà mon cou, voilà ma tête ; je mourrai, mais je mourrai pape. » Sciarra Colonna le giflait de son gantelet de fer. Et Boniface lançait à Nogaret : « Fils de Cathare ! Fils de Cathare ! »


Mais dans sa biographie sur Philippe le Bel, Jean Favier affirme que ce n'est qu'au XIXe siècle que prit naissance le mythe affirmant que Sciarra Colonna aurait giflé le pape. En réalité, aucun témoin contemporain ne parlerait de cette « gifle », qui semble aujourd'hui plus une métaphore qu'un acte réel et historique.


Cet immense service rendu à la couronne de France méritait récompense.


En  juillet 1304,  le roi Philippe IV le Bel établit  Nogaret, Seigneur de Marsillargues, Seigneur de Calvisson et de Vaunage (toute la plaine qui s’étend de Nîmes jusqu’à la mer). Tout cela représentait  un énorme capital foncier auquel s’ajoutait une grosse somme d’argent.


Ces événements eurent un retentissement considérable, mais la chronique ne  mentionne jamais que Nogaret ou Sciarra Colonna eussent tenté de gifler le pape Boniface VIII.