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L'histoire du pont

UNE LONGUE HISTOIRE ...


Les Marsillarguois, et ce depuis la création de notre village, furent pendants plusieurs siècles confrontés à un éternel problème : franchir le Vidourle.


Il n'existe par exemple au XIIIème siècle que quatre solutions pour effectuer le passage.


La première consistait à franchir le Vidourle à gué, mais cette pratique n'était possible qu'en période de basses eaux.


La seconde était de passer par le barrage reliant les moulins, mais là aussi, il fallait d'une part que le niveau de l'eau le permette, mais aussi selon les périodes que les propriétaires des moulins (seigneurs ou meuniers) en accordent le droit aux habitant.


La troisième solution consistera jusqu'aux Portes du XXéme siècle à utiliser une barque ou un bac à traille, mais là aussi ce moyen restera non seulement précaire mais aussi dépendant des caprices du Vidourle.


La quatrième solution, était d'aller faire le détour par le pont de Lunel ce qui avait pour inconvénient ; un, de prendre du temps (environ deux heures) et de deux, jusqu'en 1790, de s'acquitter d'un droit de passage.


Il faudra attendre jusqu'à 1824 pour que Marsillargues se dote de son premier pont. C'est ce que l'on appellera les passes.


Ces dernières vont emmener un réel progrès qui néanmoins restera insuffisant.


En effet, les passes furent construites sur I' emplacement de l'ancien gué. Elles étaient constituées d'un ravier submersible, reliant trois petites arches dont l'inclinaison permettait aux attelages de pouvoir gravir la berge côté Aimargues.


Les passes sont étroites, glissantes mais surtout dangereuses. Pendant plus d'un siècle de nombreux accidents, parfois dramatiques, seront à déplorer.


En période de montée des eaux du Vidourle, du fait d'être submersibles, ces dernières redeviennent alors infranchissables.


En 1865, Marsillargues va connaître l'arrivée du chemin de fer, entraînant la construction D'un pont.

Ce dernier exclusivement réservé au passage des trains ne résoudra en rien le problème rencontré par les Marsillarguois pour franchir le Vidourle en période de montée des eaux.


Nous retrouvons malgré tout dans nos archives, une lettre datée du 20 février 1888 adressée au préfet, dans laquelle le conseil municipal lui demande d'intervenir auprès de la compagnie du PLM en vue d'obtenir l'autorisation de laisser aux habitants la possibilité d'emprunter le pont de chemin de fer en période de crues.


Le 27 avril suivant la compagnie du PLM répondra négativement à cette requête, pour cause de sécurité.


Alors que nous sommes au début des années 1900, nous pouvons voir que Marsillargues n'est toujours pas doté d'un pont digne de ce nom.


Il est bon de rappeler qu'à cette époque, la quasi totalité de nos concitoyens vivent essentiellement de la culture de la vigne. Sur prés de 5000 hectares plantés, prêt de la moitié se trouve sur la rive gauche, coté Aimargues.


Chaque années, en période de vendanges (synonyme de montée des eaux), nos viticulteurs se trouvent dans l'impossibilité de rentrer leur récolte en utilisant les passes, et se voient contraint d'aller faire le détour par le pont de Lunel.


Parmi eux, se trouvent un homme: Pierre Boulet né à Marsillargues le 24 novembre 1842, fils de Pierre BOULET et de Félicie GACHON.


Sans doute lassé de devoir se plier aux caprices du Vidourle, il va, pendant près d'un quart de siècle, se battre contre toutes les institutions pour faire aboutir son rêve : un pont ! Un vrai !


Pendant des années, à chaque élection municipale, cantonale ou législative, il tentera de convaincre les candidats de la nécessité que représente un tel ouvrage.


En 1913 il créé avec d'autres propriétaires, le "Syndicat du Pont" ayant pour but de récolter des fonds qui pourraient être nécessaire à la construction.


Beaucoup de Marsillarguois ne partagent pas les convictions de M. BOULET, mais, parmi eux, il est un jeune homme qui a bien compris le réel progrès qu'apporterait un tel ouvrage en matière de communications, mais aussi tout le côté économique qui pourrait être développé.


Cet homme c'est Auguste DAUNIS. Très jeune, il fait parti du conseil municipal, et le 4 décembre 1919, il sera élu Maire de notre village. Mais ce pour une courte durée…


En effet, un mois plus tard, il est élu conseiller général, abandonnant sa place de maire, mais demeurant conseiller municipal.


Les portes des administrations grandes ouvertes, M. DAUNIS, avant de prendre ses fonctions, va voir son ami Pierre BOULET, lui promettant de faire tout ce qui promettant de faire tout ce qui était en son pouvoir pour que le pont soit réalisé. Il tint parole…


 Il fit établir le projet par le service vicinal de l'Hérault, fit adopter par le conseil municipal de Marsillargues le vote d'une dépense de 300.000 francs auxquels 60.000 francs furent ajoutés par le représentant su syndicat du pont. Il fit admettre le projet par les conseils généraux de l'Hérault et du Gard et obtint un programme de subventions. Enfin, il n'hésita pas à faire le voyage jusqu'à Paris, d'où il revint avec l'obtention du ministère, d'une subvention s'élevant au tiers des dépenses. Le projet allait aboutir !


L'adjudication des travaux eut lieu sous forme de concours, auquel participèrent bon nombre d'entreprises.


Cette dernière dut remportée par une firme gardoise : la maison Veuve Charles Vidal de Beaucaire.


Cette entreprise proposa en effet un projet novateur de pont, un pont de type "Bow String" qui signifie "Arc tendu".


 Cette technique, encore employé de nos jours, présentait l'avantage de pouvoir supporter l'avantage de pouvoir supporter le tablier d'un pont avec légèreté, et donc de limiter le nombre de piles, ce qui, en période de crues, devenait un atout majeur qui permettrait d'assurer le bon écoulement des eaux.


Le 30 mars 1925, le premier coup de pioche est donné. Les ouvriers vont dans un premier temps, planter de nombreux pieux afin d'élever un immense échafaudage devant être capable de pouvoir supporter des milliers de tonnes.


Ce chantier titanesque va donner du travail à de nombreux ouvriers, parmi lesquels se trouvaient de nombreux Marsillarguois.


Des maçons, des tailleurs de pierre, coffreurs, manœuvres et beaucoup d'autres corps de métier… Des milliers d'heures de travail…


Dès le début de l'année 1926, on commence à ferrailler, coffrer et couler la première arche.


Dès le mois d'août, cette dernière, décoffrée, donne un aperçu de ce à quoi ressemblera celui que l'on commence à appeler "Le nouveau Pont".


Les travaux avancent à grand pas, la deuxième arche est terminée.


Alors que les ouvriers sont en train de finir le ferraillage de la troisième arche (côté Marsillargues), le Vidourle monte; faisant monter par la même occasion l'adrénaline des plus sceptiques en matière de solidité de l'ouvrage, mais le pont ne bouge pas.


A peine deux ans après l'ouverture des travaux, le 4 avril 1927, le pont est livré à la circulation.


Un pont de 120 mètre 30 de long, large de 4 mètres 50, ayant nécessité 804 stères de bois pour les échafaudages et les coffrages, 150 000 kilos de fer, 300 000 kilos de chaux, 240 000 kilos de ciment, 59000 journées d'ouvriers spécialisés, 11500 journées de manœuvres.


Pour Pierre BOULET, le pont n'est plus un rêve, mais la réalité, le fruit de plus de vingt années de persévérance.


Le pont sera inauguré officiellement le 29 septembre 1927.


Le 21 juillet 2007, Les Marsillarguois ont rendu un hommage à Pierre BOULET en apposant une plaque réclamée depuis 80 ans...