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La maison de la coquille - Paul Pastre

La maison de la coquille


A une cinquantaine de mètres à l'ouest de la gardette commence la rue J.-J. Rousseau autrefois appelée La Chicanette.


A l'angle qu'elle forme avec le court chemin qui la relie au boulevard J.-B. Bénézech, autrefois Boulevard du Tour de Ville, s'élève une maison construite vers 1735.


Son mur d'angle évidé portait encore il y a quelques années une simple coquille sculptée en pleine pierre. Les passants qui la remarquaient n'y prêtaient guère attention.


Il fut un temps pourtant ou tous les Marsillarguois connaissaient son existence.


La maison qui la portait construite sous le Roi Louis XV, ce qui explique le choix de cet emblème, était désigné sous le nom d'Oustaou de la Caouquilla et son propriétaire qui avait nom Drouillon était devenu pour tout le village Drouillon de la Caouquilla.


Il figure d'ailleurs ainsi sur le recensement qui fut effectué en 1763.


Son fils qui faisait partie de la Garde Nationale en 1789, est inscrit, Drouillon, fils de la Coquille, sur les registres de cette milice.


Le quartier lui-même fut baptisé quartier de la Coquille et cette adresse fut utilisée par la suite par les habitants des maisons qui d'année en année se construisaient entre la Chicanette et le Boulevard du Tour de Ville.


Cet ornement sculptural qui figure on le voit sur les archives de notre commune fut gratté il y a quelques années lors de la réfection de la façade, son propriétaire ignorait certainement l'intérêt qu'il présentait.


Une autre sculpture semblable existe sur le coin de la maison jouxtant la rue Emile Marignan et la rue J.-A. Mourgue où habite actuellement Madame René Etienne et son fils, cyclomotoriste.


L'histoire de Marsillargues est ainsi inscrite sur quelques vieux murs lépreux et délabrés et nous espérons avoir l'occasion de revenir sur cet intéressant et instructif sujet.


Nous voici arrivé au terme de cette étude incomplète certes,des vestiges que l'on voit encore entre la Barque et le vieux Pont.


Comme on a pu s'en rendre compte plus de 800 ans de l'histoire de notre village ont laissé leur empreinte sur ces murs branlants, sur ces berges dénudées, dans le lit même de la rivière.


Autrefois le tic-tac incessant des moulins, l'animation qu'ils créaient autour d'eux, la silhouette mouvante du bac, le lent cheminement des véhicules franchissant le gué, la présence sur les bords de la rivière des lavandières agenouillées sur leur gamatte, pérorant et gesticulant comme il se devait à cette époque ou les nouvelles se transmettaient généralement de bouche à oreille, la mosaïque bariolée des étoffes et des vêtements séchant sur le vert gazon deï Ribas, le va et vient des nombreux troupeaux venant s'abreuver dans cette partie accessible du Vidourle, tout ce bruit, tout ce mouvement, donnaient à ce coin pittoresque, une vie et une couleur qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui.


Mais disparu ou presque tout ce qui apportait vie et couleur sur ces berges accueillantes, le temps ce grand niveleur et destructeur passe inexorable et chaque jour l'indifférence et l'oubli couvrent de leur silence ces souvenirs des temps passés. Nous avons par ces quelques notes essayé d'en retarder l'inéluctable déroulement et bien heureux nous serons si malgré nos faibles moyens nous avons pu y parvenir.


PAUL PASTRE - Article paru dans le quotidien Midi libre en   1955.


Maison de la Coquille en  1950.