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Le phylloxéra- Paul Pastre

Le phylloxéra


C'est en 1865 qu'un fléau attaquant les vignes fut signalé pour la première fois sur le plateau de Pujaut, aux environs de Roquemaure, dans le Gard.


Des recherches furent aussitôt entreprises pour découvrir la cause de cette calamité, mais ce n'est qu'au mois de juillet 1868, qu'à la suite d'observations faites dans la Crau, Planchon, viticulteur méridional, trouva la cause du mal : un insecte qui attaquait les racines et provoquait la mort, insecte auquel il donna le nom de Phylloxéra vastatris.


L'invasion se répandit rapidement, en 1869 le phylloxéra avait gagné, au nord jusqu'à Pierrelatte ; au sud, jusqu'à Arles et la mer ; à l'est, jusqu'à Cadenet ; à l'ouest, jusqu'à Redessan, aux environs de Nîmes.


Fin 1870, c'est tout le Lunellois, Marsillargues compris qui est envahi.


En 1872 Valergues et Villetelle. En 1873, Saturargues. En 1874, Saint-Séries et tout l'arrondissement de Montpellier et ce n'est qu'après la belle récolte de 1875, que le Narbonnais est atteint.


Les vignes attaquées résistaient plus ou moins longtemps, de 4 à 5 ans, dans les sols profonds et sablonneux, deux ans, dans les autres argileux ou caillouteux.


En 1877, presque tout le vignoble de la région a péri.


Le drame qui en résulta fut cruel. Les petits propriétaires ruinés et les ouvriers fuyant la misère abandonnèrent le pays. Il y en eut qui allèrent travailler en Algérie.


En 6 ans, Montpellier perdit 15000 habitants.


La population de Marsillargues, qui comptait plus de 3600 âmes en 1866, n'en avait plus que 3195 en 1886.


Pour lutter contre le mal, on essaya de nombreux remèdes, mais pendant les premières années aucun procédé efficace ne fut découvert.


Le sulfure de carbone injecté dans le sol au niveau des racines, au moyen d'un pal, empêchait les attaques de la deuxième génération et sa reproduction.


Les premiers essais eurent lieu au mas d'Aujargues, près de Marsillargues vers 1879. Ils donnèrent des résultats assez satisfaisants, mais ce procédé était coûteux et imparfait, n'enrayant pas le fléau d'une façon définitive.


Aussi son emploi fut-il limité. De 1886 à 1888, 32 hectares seulement furent traités à Marsillargues et en 1889, il fut définitivement abandonné pour d'autres méthodes plus efficaces et plus pratiques.


De bonne heure on s'était aperçu que l'eau constituait un excellent remède.


Duclaux écrivait en 1872 qu'une submersion complète tue l'insecte.


Il faut inonder tout de suite après les vendanges, avant la taille, ou alors pendant 30 jours en hiver.


Essayé à Marsillargues, dans les domaines situés le long du Vidourle qui fournissait l'eau nécessaire, (En 1873, 739 hectares furent ainsi traités).


Il apparut dès 1880 que les vignes soumises à ce traitement étaient restées réfractaires depuis plusieurs années aux attaques du phylloxéra.


C'est donc à partir de cette époque (1880) que furent construites, sur les bords du Vidourle, ces « machines » contenant des pompes actionnées par des chaudières à vapeur.


La submersion permit de reconstituer une partie du vignoble, mais son emploi limité aux terrains irrigables était insuffisant et ne pouvait permettre, à lui seul, de reconstituer le vignoble entièrement.


Planchon avait remarqué, au cours d'un voyage en Amérique que les vignes de ce pays n'étaient nullement atteintes par le phylloxéra.


On essaya alors de substituer les cépages américains à la vigne française, mais vers 1880 les premiers résultats obtenus furent plutôt décevants, les récoltes obtenues ne donnant qu'un vin médiocre.


On songea alors à utiliser la vigne américaine comme porte-greffe.


On greffa les variétés locales, Aramon, Carignan, Morastel, Bouschets, etc., sur des plans américains, Riparia, Rupestris. Les essais furent couronnés de succès.


Les souches résistèrent et le vin produit fut de qualité. La reconstitution du vignoble se poursuivit ainsi et en 1895 le vignoble du Lunellois a retrouvé l'importance qu'il avait avant la crise.


Il continuera à se développer dans les années suivantes et atteindra une superficie jusque-là jamais atteinte. En 1884, Marsillargues comptait 325 hectares de vignes, en 1892 1818 hectares, en 1914 2341 hectares, chiffre qui n'a guère été dépassé par la suite.


Après les arrachages volontaires et la catastrophique gelée de février 1956, le vignoble Marsillarguois ne comptait plus fin 1956 que 1576 hectares, fin 1957: 1485, fin 1958: 1476.


Quoiqu’en voie de reconstitution, le vignoble Marsillarguois ne retrouvera jamais les 2341 hectares de l'année 1914, même sans tenir compte de la menace qu'est pour lui la construction du canal du bas-Rhône.


Note : En 1983 récolte totale de Marsillargues: 84.521 hl sur 861 ha dont à la cave coopérative 69.989 hl sur 635 ha.

 

Paul Pastre.